Les blessures liées à la pratique de la natation sont peu fréquentes.

En effet, la natation est un sport très complet qui sollicite la majorité des muscles de l’organisme.

Les blessures les plus fréquentes sont principalement dues à la répétition des mouvements et non à un traumatisme.

Les lésions apparaissent donc par hyper-sollicitation (ou sur-utilisation) .

Les épaules (40%), la colonne vertébrale (15 %) et les genoux (14 %) sont les régions anatomiques les plus contraintes en natation, ce qui les rend plus exposées au risque de blessures.

Les blessures surviennent surtout dans les compétitions de haut niveau.

Les blessures les plus fréquentes sont principalement dues à la répétition des mouvements et non à un traumatisme

Blessures musculaires en natation

Les blessures musculaires sont fréquentes lors de la pratique de la natation.

Les plus courantes sont sans gravité :

  • La crampe, qui est une contraction involontaire, douloureuse et temporaire d’un muscle
  • La courbature qui est due à des microlésions sur les fibres musculaires

Ces douleurs, qui peuvent parfois durer plusieurs jours, sont provoquées le plus souvent par un effort intense et un manque d’échauffement.

Une hydratation insuffisante peut aussi être à l’origine de courbatures.

Le claquage et la déchirure musculaire entraînent la rupture de fibres musculaires.

Plus le nombre de fibres rompues est élevé, plus le claquage est important.

Comment éviter les blessures musculaires?

  • Boire suffisamment (au moins 1,5 litre par jour) et équilibrer son alimentation
  • S’échauffer correctement
  • Développer son endurance et réaliser des efforts progressifs
  • S’étirer après chaque séance

Blessures des membres supérieurs en natation

Épaule

L’épaule est l’articulation la plus sollicitée lors de la pratique intensive de la natation.

Les nages qui sollicitent le plus l’épaule en élévation du bras au dessus de la tête sont :

  • Le crawl
  • Le dos crawlé
  • Le papillon

Selon les études, de 40 à 60% des nageurs de compétition présenteraient des douleurs de l’épaule. 

Les différentes atteintes possibles de l’épaule sont :

  • L’articulation gléno-humérale : arthropathie dégénérative par hyper-sollicitation.
  • Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs avec conflit sous-acromial :  cette pathologie peut toucher les nageurs débutants comme les nageurs de compétition et apparaît le plus souvent suite à un entraînement excessif ou en présence d’erreurs dans la technique de nage.

Les principaux facteurs de risque sont :

  • Le volume d’entraînement
  • Le nombre d’années de pratique
  • les erreurs dans les techniques de nage
  • une utilisation excessive de palettes

Prévention des blessures de l’épaule liées à la natation

L’épaule est l’articulation la plus sollicitée lors de la pratique intensive de la natation.

Le risque des blessures de l’épaule liées à la pratique de la natation peut être réduit grâce aux précautions suivantes :

  • Maîtrise des gestes techniques (respiration, torsion du tronc et position des mains et bras)
  • Hydratation suffisante et régulière (1.5 L par jour)
  • Échauffements en début de séance
  • Étirements après chaque séance
  • Augmentation progressive de l’intensité des séances.
  • Éviter d’utiliser une planche ou une palette pour les mains (sollicitation accrue de l’épaule).
  • Alternance dans les différents types de nage afin de solliciter différents groupes musculaires.

Blessures du rachis (ou colonne vertébrale) en natation

La natation est un sport bénéfique pour la colonne vertébrale. Sa pratique est recommandée dans le cadre de la rééducation des pathologies dorso-lombaires

Néanmoins, certains mouvements mal exécutés lors du papillon, lors de la sortie de l’eau, ou de la brasse sollicitent fortement le rachis dorso-lombaire et peuvent provoquer :

  • Un lumbago aigu
  • Des lombalgies chroniques.

Ces problèmes douloureux de rachis peuvent être évités :

  • en corrigeant les erreurs techniques.
  • en développant la musculature abdominale.
  • en luttant contre l’attitude en cyphose excessive (dos arrondi : courbe convexe de la colonne vertébrale).
Certains mouvements mal exécutés en nage papillon sollicitent fortement le rachis dorso-lombaire

Blessures des membres inférieurs en natation

Tendinite (ou tendinopathie) du genou

lésions du genou au water polo

Certaines nages telle que la brasse peuvent fragiliser l’articulation du genou.

Les structures musculo-tendineuses du genou les plus souvent exposées sont :

  • Les muscles adducteurs
  • Le ligament latéral interne
  • Le tendon des muscles de la patte d’oie

La tendinite de la patte d’oie encore appelée tendinopathie distale des ischio-jambiers ou  genou du brasseur  correspond au développement d’une inflammation et de micro-lésions provoquées par le ciseau de brasse.

Ces lésions se manifestent également dans la natation synchronisée et le water-polo.

Le traitement des lésions musculo-tendineuses douloureuses repose sur la cryothérapie, les antalgiques, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens et la rééducation.

En cas de blessures rebelles au traitement médical de première intention, un protocole d’injection de Plasma riche en Plaquettes pourra être discuté.

Syndrome fémoro-patellaire douloureux

Le syndrome rotulien encore appelé syndrome fémoro-patellaire se manifeste par des douleurs antérieures au niveau de la rotule, plus ou moins associées à des sensations de frottements ou des crépitations.

Dans la pratique de la brasse, ces douleurs sont liées à des sollicitations excessives de la rotule lors du mouvement final de fermeture des jambes.

Le traitement du syndrome fémoro-patellaire douloureux est essentiellement médical avec une rééducation axée sur l’enseignement d’exercices que le sportif pourra réaliser lui même.

En cas d’arthrose de rotule associée, un traitement à base d’ injections d’acide hyaluronique ou de PRP (plasma riche en plaquettes) pourra être proposé afin de ralentir l’usure du cartilage et soulager des douleurs invalidantes.

Lésions méniscales

Les lésions méniscales sont rares dans la pratique de la natation. Elles surviennent dans le cadre de micro-traumatismes répétés essentiellement lors d’efforts trop intenses ou une mauvaise technique de nage.

En fonction du type de lésion (dégénérative ou traumatique) et de la localisation de la lésion au niveau du ménisque, la prise en charge pourra être médicale (semelles, injection d’acide hyaluronique ou PRP) ou chirurgicale : suture méniscale ou méniscectomie partielle.

Prévention des blessures en natation

Le rôle des préparateurs physiques et du staff médical est essentiel pour mieux prévenir les accidents chez les nageurs de compétition.

Les mesures de prévention permettant de diminuer le risque de blessure lors d’une compétition sont :

  • un échauffement bien conduit avant tout compétition ou entraînement.
  • des étirements systématiques après chaque effort.
  • un renforcement musculaire adapté au niveau du nageur.
  • le respect des règles hygiéno-diététiques

Quoi qu’il en soit, il faudra que le nageur évite de s’entraîner de façon trop intense lorsqu’il est fatigué ou en période de récupération d’une compétition ou suite à un retour d’une blessure.

Pour ces raisons, une visite médicale est conseillée avant de reprendre la pratique de la natation en compétition après une blessure.

Il est également important de ne pas revenir trop tôt à la pratique de la natation, pour éviter d’augmenter les risques de récidives.

Retrouver toute l’actualité sur le site de la Fédération Française de Natation.

prévention des accidents chez les nageurs : étirements
natation avec des palmes

Auteur : Dr Philippe Loriaut, Chirurgien Orthopédiste – chirurgie arthroscopique – pathologies du sport – spécialiste de l’arthrose – chirurgie mini-invasive et percutanée.