Près d’un tiers des blessures au rugby touchent les membres, essentiellement l’épaule et le genou.

Les blessures liées à la pratique du rugby surviennent fréquemment.

En effet, il s’agit d’un sport complet alliant contact, course et chute. Ceci explique donc à la fois la variété et le nombre de blessures, principalement d’ordre traumatique.

Les lésions articulaires des membres supérieurs et inférieurs représentent près d’un tiers de ces lésions qui touchent essentiellement l’épaule et le genou.

Ce sont les membres inférieurs qui sont le plus souvent atteints.  Néanmoins, les accidents graves sont rares dans ce sport.

blessures au rugby
blessures au rugby par position

Blessures des membres supérieurs au rugby

Épaule

Au rugby, l’épaule est très souvent sollicitée. Les luxations, fractures ou entorses d’épaules ne sont pas rares.

Ce sont surtout des lésions de l’articulation acromio-claviculaire que l’on retrouve.

Un bilan radiographique complet doit est réalisé afin de confirmer le diagnostic et de prévoir la chirurgie.

Les joueurs de rugby peuvent également avoir une rupture du tendon du biceps brachial, une disjonction acromio-claviculaire ou une fracture de clavicule.

rugby : blessures de l'épaule

Au rugby, l’épaule est très souvent sollicitée : luxations, fractures ou entorses d’épaules et surtout lésions de l’articulation acromio-claviculaire.

Luxations et instabilité de l’épaule

Les joueurs de rugby peuvent présenter suite à un traumatisme, une instabilité de l’épaule, c’est-à-dire des luxations (déboîtements) répétées de l’épaule.

Cette instabilité peut aussi se manifester par des subluxations (micro-déboîtements répétés) qui peuvent être associées à des douleurs de l’épaule.

Le symptôme principal de l’instabilité de l’épaule est l’appréhension, c’est-à-dire une peur de se luxer l’épaule dans les gestes de la vie quotidienne mais aussi dans les activités professionnelles et sportives.

La répétition des luxations peut détruire l’articulation et être responsable de lésions associées (lésions nerveuses ou vasculaires, arthrose, rupture de tendons de la coiffe).

L’instabilité de l’épaule peut faire l’objet d’un traitement conservateur avec rééducation ou d’un traitement chirurgical.

La stratégie thérapeutique est définie en fonction du caractère traumatique ou atraumatique de l’instabilité, de la présence d’une hyperlaxité des ligaments, de l’âge, du nombre d’épisodes de luxation, de l’activité professionnelle et du type et niveau sportif du patient et de la présence de lésions associées.

Disjonction acromio-claviculaire

La disjonction (ou luxation) acromio-claviculaire correspond à une perte de contact entre les surfaces articulaires de l’acromion et de la clavicule. Ce traumatisme survient lors d’une chute directe sur le moignon de l’épaule. Les ligaments acromio-claviculaires et coraco-claviculaires peuvent être distendus ou rompus selon le stade de l’entorse.
Sans ligaments pour stabiliser l’articulation, la clavicule remonte et forme une bosse appelée « touche de piano ».

Il est possible de traiter cette disjonction par une simple immobilisation dans les cas où la clavicule est peu ou pas ascensionnée (déplacée vers le haut).

Lorsque la clavicule est très ascensionnée, il est plutôt recommandé d’opérer pour remettre la clavicule en face de l’acromion.

En effet, les ligaments peuvent ne pas cicatriser correctement lorsque la clavicule n’est pas à sa place. Ceci peut engendrer des douleurs chroniques et une gêne de l’épaule lors de certains gestes de la vie quotidienne ou sportive.

Fracture de clavicule

La fracture de clavicule est fréquente dans un match de rugby lors d’une chute sur l’épaule dans un regroupement ou une mêlée. Il s’agit le plus souvent d’une chute directe sur le moignon de l’épaule.

La fracture touche le plus souvent le milieu de la clavicule (tiers moyen) mais aussi sa partie la plus latérale (quart externe) proche de l’articulation acromio-claviculaire.

L’examen clinique réalisé par un médecin traumatologue révèle une déformation de l’épaule et une douleur à la palpation de la fracture. Des radiographies sont réalisées pour confirmer le diagnostic et préciser le type de fracture. Il faut également rechercher des lésions associées (fracture de l’omoplate, lésions de la coiffe, lésions du bourrelet de la glène de l’omoplate) et au moindre doute réaliser un arthroscanner ou une IRM.

Le traitement des fractures du tiers moyen de la clavicule est en général orthopédique avec une immobilisation de 6 semaines, temps moyen nécessaire pour la consolidation de la fracture. Une opération peut être nécessaire en cas de fracture très déplacée ou compliquée de problèmes vasculaires ou neurologiques.

Les fractures du quart externe de la clavicule doivent faire l’objet d’une opération lorsqu’elles sont déplacées. L’absence de traitement approprié conduit souvent à l’absence de consolidation osseuse (pseudarthrose) et à des séquelles à type de douleur et de gêne à la mobilisation de l’épaule.  Votre chirurgien réalisera l’opération de façon mini-invasive sous arthroscopie. La technique est semblable à celle du traitement chirurgical des entorses ou disjonctions acromio-claviculaires.

rugby : blessures au bras et à l'épaule

Coude

Rupture traumatique du tendon du biceps brachial distal

Une rupture du tendon du biceps au coude correspond à une arrachement du tendon de son insertion osseuse au niveau de la partie haute du radius.

Cette rupture survient le plus souvent suite à un effort violent (soulèvement de charge), un impact (plaquage) parfois même un geste anodin s’il existe des lésions dégénératives préexistantes.

Le symptôme le plus fréquent est une douleur vive et brutale au niveau du pli du coude. L’examen physique retrouve une perte du relief du tendon du biceps (disparition de la « corde »). Une ecchymose et un gonflement apparaît dans les premiers jours. Il existe une perte de force en flexion et en supination.

Un bilan d’imagerie (radiographie, échographie ou IRM) est nécessaire afin de rechercher un éventuel arrachement osseux et confirmer le diagnostic.

Le traitement est habituellement chirurgical avec réinsertion du tendon du biceps au niveau de la tubérosité bicipitale du radius.

Blessures du poignet et de la main au rugby

Blessures du poignet et de la main

Fracture du scaphoïde

Le scaphoïde est un os de la première rangée du carpe (au niveau du poignet).

La fracture du scaphoïde est relativement fréquente chez le joueur de rugby.

Une douleur persistante du poignet après un tel traumatisme associé à un gonflement de la face latérale du poignet doivent faire évoquer le diagnostic de fracture du scaphoïde.

Un examen clinique par un spécialiste est indispensable pour confirmer le diagnostic. Des radiographies spécifiques du poignet seront réalisées ainsi qu’une IRM au moindre doute.

Les fractures non déplacées sont le plus souvent traitées par un plâtre immobilisant le poignet. La durée d’immobilisation est variable en fonction du type de fracture. Certains types de fractures non déplacées nécessitent tout de même une opération à cause du risque d’altération de la vascularisation de l’os scaphoïde.

La chirurgie est aussi la règle pour les fractures déplacées. L’opération consiste le plus souvent à réaliser un vissage percutané (mini-invasif) de l’os fracturé. Une chirurgie réalisée avec une plus grande incision peut être nécessaire.

Le niveau sportif (joueur professionnel) intervient également dans le choix du traitement afin de permettre une récupération rapide.

La fracture du scaphoïde peut être responsable de complications. Les principales sont l’absence de consolidation de l’os malgré le traitement (pseudarthrose) et la nécrose de l’os (destruction de l’os à cause de l’atteinte de sa vascularisation lors du traumatisme). La principale séquelle à redouter est l’apparition de douleurs chroniques en rapport avec une arthrose prématurée du poignet.

Blessures des doigts

Les blessures des doigts sont très fréquentes. Il s’agit surtout d’entorses mais aussi de fractures.

Il est indispensable de réaliser un bilan radiographique et au moindre doute un complément d’imagerie (échographie ou IRM)

Ces lésions, si elles sont négligées peuvent engendrer des instabilités (en particulier du pouce) ou des raideurs séquellaires.

Le traitement le plus fréquent est l’immobilisation par syndactylie (immobilisation du doigt traumatisé avec le doigt valide qui l’entoure)

Blessures des membres inférieurs au rugby

Blessures des membres supérieurs au rugby

Rupture du ligament croisé antérieur

Les traumatismes ligamentaires du genou sont fréquents au rugby en particulier la rupture du ligament croisé antérieur.

La rupture du ligament croisé antérieur survient le plus souvent lors d’une mauvaise chute ou de la chute d’un autre joueur sur le genou qui est en porte-à-faux (qui n’est plus dans son axe).

Par ailleurs comme pour d’autres sports à risque (Handball, Basketball), le risque est 4 fois supérieur chez les femmes par rapport aux hommes.

Sur le terrain, il faut glacer et mettre en place une immobilisation du genou par une attelle avec l’utilisation de cannes.

Le sportif doit bénéficier d’un examen rapide par un spécialiste qui confirmera le diagnostic par l’examen clinique et des examens radiologiques (IRM).

La prise en charge est généralement chirurgicale dans cette population sportive.

En savoir plus sur la prise en charge chirurgicale de la rupture du ligament croisé antérieur…

La pratique du Rugby entraîne également des lésions méniscales traumatiques nécessitant alors une suture méniscale sous arthroscopie.

rugby : plaquage

au rugby, plus de la moitié des blessures se produisent lors d’un placage

Blessures musculaires

rugby : un sport de contact

Dans la pratique du rugby, les blessures musculaires, plus communément appelées « claquages » sont fréquentes, notamment au niveau des cuisses.

La blessure musculaire la plus fréquente est le claquage des ischio-jambiers (groupe musculaire situé à l’arrière de la cuisse).

Il s’agit le plus souvent, d’une contusion due à un placage, d’une mauvaise chute ou encore d’un choc direct alors que le muscle est contracté.

Parmi les causes de ces contusions, on trouve la classique « béquille » qui touche la face latérale de la cuisse. Sa gravité est variable et son évolution est directement liée à la gravité de la lésion.

Les symptômes varient selon la gravité de la blessure : il peut s’agir d’une déchirure, ou d’une rupture partielle ou complète du muscle. Une faiblesse musculaire ou une ancienne blessure mal guérie peut favoriser l’apparition d’une blessure des ischio-jambiers.

Les principaux symptômes sont : une sensation de claquage, une douleur, un gonflement et/ ou une ecchymose à l’arrière de la cuisse, des difficultés pour marcher et plier le genou.

Un hématome peut également se développer. L’échographie ou l’IRM permettent de confirmer le diagnostic en cas de doute.

Les premiers soins consistent en la mise au repos et l’application de froid.

Un programme de préparation physique adapté permet de prévenir ces lésions.

Tendinite (ou tendinopathie) d’Achille

Les tendinites d’Achille sont en rapport avec les séances de renforcements musculaires intensifs.

Le traitement est avant tout médical avec physiothérapie et programmes de renforcement excentrique.

Il est également possible de réaliser des injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes). L’injection est préparée à partir d’un prélèvement de votre sang, qui est ensuite centrifugé afin de ne garder que des éléments qui favorisent la cicatrisation de votre tendon.

En dernier recours, une opération pourra vous être proposée.

La prévention de ces tendinites consiste à réaliser des exercices d’étirements de toute la chaîne musculo-tendineuse.

Rupture traumatique du tendon d’Achille

Les tendinites d’Achille prédisposent à des rupture complètes traumatiques du tendon d’Achille. Un traitement chirurgical est alors indispensable afin de suturer le tendon d’Achille. La reprise se fait en général vers le 6ème mois.

Entorse de cheville

L’entorse du plan externe de la cheville est une blessure très fréquente au rugby. Elle survient généralement pendant les regroupements et induites par une inversion forcée du pied. Elle est deux fois plus fréquente chez les hommes que chez les femmes.

Sa fréquence est plus importante chez les sportifs de niveau peu élevé (amateur, local).

Il peut s’agir d’une entorse bénigne (simple étirement ligamentaire) ou d’une entorse grave (rupture des ligaments). Il existe d’autres formes d’entorses plus rares mais qu’il ne faut pas méconnaître car elles nécessitent un traitement particulier.

Une entorse de la cheville peut être la conséquence d’un échauffement, d’un terrain de sport ou de chaussures inadaptés.

Sur le terrain, il faut arrêter immédiatement  l’activité et appliquer le protocole G.R.E.C. (Glaçage Repos Elévation Contention). Une contention temporaire est mise en place afin de limiter la douleur et l’oedème (gonflement) de la cheville.

Une consultation médicale est indispensable. Il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de fracture de la cheville associée en réalisant au moindre doute une radiographie.

Un traitement fonctionnel est proposé dans la majorité des cas. Il associe une immobilisation par une attelle semi-rigide ou une contention adhésive. La cheville doit être rééduquée précocement et la reprise de l’appui s’effectue en fonction de la douleur.

La rééducation comporte un renforcement des muscles fibulaires associé à des programmes de travail proprioceptif.

Une entorse de cheville mal soignée peut conduire à des séquelles en particulier l’installation d’une instabilité chronique de la cheville, la persistance de douleurs et de blocages chroniques entrant dans le cadre d’un conflit de cheville. Une prise en charge chirurgicale doit alors être envisagée.

Prévention des blessures liées au rugby

Le rôle des préparateurs physiques et du staff médical est essentiel pour mieux prévenir les accidents.

Les mesures de prévention permettant de diminuer le risque de blessure lors du match sont :

  • un échauffement bien conduit avant tout match ou entraînement.
  • des étirements systématiques après chaque effort.
  • un renforcement musculaire adapté au niveau du rugbyman.
  • Le port de protège-tibias ainsi qu’un arbitrage strict permettent de réduire le risque de blessures souvent graves du membre inférieur.

Quoi qu’il en soit, il faudra que le rugbyman évite de s’entraîner de façon trop intense lorsqu’il est fatigué ou en période de récupération d’une compétition ou suite à un retour d’une blessure.

Pour ces raisons, une visite médicale est conseillée avant de reprendre la pratique du rugby après une blessure.

Il est également important de ne pas revenir trop tôt à la pratique du rugby, pour éviter d’augmenter les risques de récidives.

Retrouver toute l’actualité sur le site de la Fédération Française de Rugby.

rugby : blessures à la tête
Prévention des blessures liées au rugby

Auteur : Dr Philippe Loriaut, Chirurgien Orthopédiste – chirurgie arthroscopique – pathologies du sport – spécialiste de l’arthrose – chirurgie mini-invasive et percutanée.