Volley-ball et beach-volley : les risques de blessures et les pathologies les plus fréquentes

Le volley-ball est un sport où le contact avec le ballon est très court et celui avec l’adversaire exceptionnel. Par conséquent le volley-ball (indoor ou beach volley) constitue l’un des sports les moins traumatiques.

Les gestes techniques lors des différentes phases de jeu (service, réception, passe, attaque) doivent néanmoins être parfaitement maîtrisés pour éviter les pathologies traumatiques et micro-traumatiques.

Pathologies traumatiques et microtraumatiques selon les gestes techniques

Le service

Le service dit « smashé » avec élan et saut est responsable de microtraumatismes de l’épaule (liées à l’armé et le fouetté) et du genou (liées au saut).

Au niveau de l’épaule dominante, le geste du « smash » avec surtout le fouetté finissant le mouvement peut provoquer une lésion par étirement du nerf sus-scapulaire au passage du col de l’omoplate. Cette atteinte neurologique entraîne souvent une atrophie visible du muscle sous-épineux, un déséquilibre de l’articulation de l’épaule avec ascension de la tête humérale responsable d’un conflit sous-acromial et d’une tendinopathie de la coiffe des rotateurs.

Au niveau de la jambe d’appel, la répétition des sauts entraîne souvent des tendinopathies quadricipitale ou rotulienne (tableau « jumper’s knee »).

Le service dit « à la cuillère » est encore largement pratiqué en loisir.

Il n’y a aucune pathologie notable associée à ce type de service.

La réception

Il y a peu de pathologies liées à cette action.

Cependant, l’évolution récente de certaines règles avec surtout l’autorisation de réceptionner à deux mains (geste de la passe) en plus de la réception classique dite « en manchette » occasionne de plus en plus de lésions traumatiques au niveau des doigts (fractures des phalanges, entorses interphalangiennes ou métacarpo-phalangiennes et ruptures des tendons extenseurs de type « Mallet-Finger »).

La passe

Quand la passe est bien réalisée, il y a peu de pathologies traumatiques ou microtraumatiques associées.

Ce geste est effectué à deux mains, doigts écartés, coudes sensiblement parallèles avec un mouvement d’extension des coudes, une poussée en extension des membres inférieurs et un ajustement directionnel par les doigts et les deux pouces.

Au niveau du membre supérieur des entorses interphalangiennes distales peuvent survenir occasionnellement.

Des tendinopathies du coude peuvent survenir dans le cadre de micro-traumatismes répétitifs.

L’attaque

L’attaque est la phase de jeu la plus spectaculaire du volley-ball. Elle nécessite beaucoup de coordination, de puissance et d’adaptation technique.

Les pathologies traumatiques du membre inférieur seront rencontrées essentiellement lors de la phase de réception du saut.
Elles concernent principalement la cheville, l’avant-pied et le genou.
Le plus souvent, il s’agit d’un traumatisme par écrasement du pied de l’adversaire au contre, de l’autre côté du filet ou même celui de son propre passeur.

Au niveau de la cheville, les entorses du ligament latéral externe en inversion sont les traumatismes les plus fréquents du Volley-ball tant en loisir qu’en compétition de haut niveau.
La torsion en éversion est plus rare mais souvent grave avec des entorses du LLI ou des fractures de la malléole interne tibiale.

Au niveau de l’avant-pied, ce sont surtout des fractures de la base du 5ème métatarsien, toujours avec un mécanisme de torsion en inversion lors de la réception du saut sur pied adverse.
Les autres entorses du pied, sous-astragaliennes ou médio-tarsiennes (Chopart) sont moins fréquentes.

Au niveau du genou, la réception du saut d’attaque peut être responsable d’entorses des ligaments latéraux internes ou externes et de rupture du ligament croisé antérieur.
La rupture du tendon rotulien ou du tendon quadricipital lors de la phase brutale d’extension pendant le saut reste exceptionnelle.

Au niveau de la main surviennent principalement des fractures des phalanges ou des entorses interphalangiennes lors des attaques contrées en fin de geste.
Les attaques dites « dans le vide » (passes mal ajustées) peuvent provoquer des ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs (sur des tendinopathies fissuraires pré-existantes) chez les joueurs de compétition, surentraînés ou en fin de carrière.

Les pathologies microtraumatiques spécifiques surviennent principalement au niveau de l’épaule dominante et de la jambe d’appel.

Au niveau de l’épaule, la pathologie la plus fréquente est la tendinopathie du supra-épineux avec ou sans conflit sous-acromial.
Les lésions du bourrelet glénoïdien sont également fréquentes (fissure, SLAP lésion). Elles apparaissent à cause de frottements répétés de la tête humérale contre la glène lors du smash (mouvements de l’armé et du fouetté).

Les lésions neurologiques sont relativement fréquentes avec les lésions d’étirement du nerf sus-scapulaire au passage du col de l’omoplate avec selon la localisation une lésion du supra-épineux associée à une souffrance de l’infra-épineux (échancrure coracoïdienne) ou une atrophie isolée de la fosse infra-épineuse avec souffrance secondaire du tendon infra-épineux (échancrure spinoglénoïdienne).

Il existe également des lésions de compression du nerf sus-scapulaire par un kyste postérieur du bourrelet.

Au niveau du genou, la phase d’attaque est principalement responsable de tendinopathies rotuliennes (fissures, enthésopathies, micro-ruptures).
Il existe des tendinopathies corporéales et les pathologies plus fréquentes de la pointe de la rotule (« jumper’s knee »).
Plus rarement, la tendinopathie siège au niveau de son insertion au niveau du tibia (tubérosité tibiale antérieure).

Le syndrome rotulien avec chondropathie fémoro-patellaire est plus fréquent chez les femmes en particulier avec une dysplasie fémoro-patellaire ou un genu valgum.

Les lésions ostéochondrales du dôme astragalien (LODA) sont le plus souvent la conséquence d’entorses à répétition. La répétition des sauts d’attaque pendant les matches et surtout des entraînements, par mécanisme d’impacts au sol lors de la réception, augmente le risque de développement et de gravité de ces lésions.

Les lésions ostéo-cartilagineuses du coude surviennent après les mouvements répétés d’extension brutale lors des smashes avec fouetté (microfracture olécranienne, ostéochondromes intra-articulaires avec tableau de blocage douloureux et gonflement).

Le contre

Les accidents d’instabilité de cheville ou de genou lors de la réception du saut du contreur sont encore plus fréquents qu’en attaque.

Les traumatismes de la main sont également très fréquents et sont liés à un mauvais placement des mains.

Les fractures et entorses se situent le plus souvent au niveau des articulations interphalangiennes proximales (IPP) des doigts longs.
Le classique « pouce retourné » sera responsable d’entorse métacarpo-phalangienne et plus rarement trapézo-métacarpienne, ainsi que de fractures de la base du métacarpien.
Les lésions tendineuses touchent essentiellement les tendons extenseurs des doigts longs.

La défense

Passé le contre, le ballon arrive à plus de 150 km/h (en compétition de haut niveau). Le temps de réaction pour le défenseur est extrêmement court pour positionner les mains.

Les pathologies tendineuses, ligamentaires et osseuses des doigts longs ou du pouce décrites lors du contre se retrouvent dans cette phase.

Les plongeons en défense avec appui sur la main controlatérale peuvent entraîner des traumatismes en hyper-extension (flexion dorsale) du poignet, responsables de lésions intra-carpiennes (fracture du scaphoïde, entorse scapho-lunaire).

Des traumatismes de l’épaule peuvent survenir par impact direct ou indirect : il peut s’agir de luxation de l’épaule, de disjonction acromio-claviculaire ou de fracture de clavicule.

Une impulsion brutale vers l’avant peut provoquer des lésions du triceps sural ou des ruptures du tendon d’Achille.

A partir des positions de défense au sol, le relevé rapide en flexion-rotation du genou peut entrainer une lésion méniscale (désinsertion ou fissure).

Les chocs directs entre co-équipiers en défense sont responsables de contusions, entorses ou fractures, le plus souvent au niveau des extrémités supérieures.

Comment prévenir les accidents au volleyball ?

Comment prévenir les entorses de cheville ?

L’entorse de cheville est le traumatisme le plus fréquent (1 pour 1000 heures de pratique)

Elle représente 50% des traumatismes au volley à tous les niveaux de pratique.

Elle entraîne en moyenne 4 semaines et ½ d’interruption des entraînements et de compétitions.

80% des entorses surviennent sur une cheville précédemment blessée, en particulier dans les 6 premiers mois de la récupération.

Prévention :

En cas d’entorse de la cheville, les bons réflexes :

Comment prévenir le “jumper’s knee”?

Le “jumper’s knee” affecte près de 50% des pratiquants

Les facteurs de risque :

Prévention :

Comment prévenir les microtraumatismes de l’épaule (shoulder overuse injury) ?

Les micro-traumatismes de l’épaule représentent 8 à 20% des traumatismes au volley.

Ils entraînent en moyenne 4 semaines et ½ d’interruption des entraînements et de compétitions.

Les facteurs de risque :

Prévention :

Conseils de prévention généraux

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Page mise à jour le 05/10/2020

Auteur : Dr Philippe Loriaut, Chirurgien Orthopédiste – chirurgie arthroscopique – pathologies du sport – spécialiste de l’arthrose – chirurgie mini-invasive et percutanée.