Les blessures liées à la pratique du handball

Le handballeur se blesse principalement au niveau du genou et de la cheville mais aussi au niveau de l’épaule et de la main.

Généralités

Le handball est un sport de pivot contact et de lancer. Les traumatismes surviennent principalement en compétition, surtout dans les phases offensives.
Le handballeur se blesse principalement au niveau du genou et de la cheville mais aussi au niveau de l’épaule et de la main. Les principales blessures touchent les ligaments mais les contusions musculaires sont également fréquentes.

Blessures du membre supérieur

Blessures des doigts (entorses ou fractures)

Les blessures des doigts sont très fréquentes au handball. Il s’agit fréquemment d’entorses mais aussi de fractures.

Il est indispensable de réaliser un bilan radiographique et au moindre doute un complément d’imagerie (échographie ou IRM)

Ces lésions, si elles sont négligées peuvent engendrer des instabilités (en particulier du pouce) ou des raideurs séquellaires.

Le traitement le plus fréquent est l’immobilisation par syndactylie (immobilisation du doigt traumatisé avec le doigt valide qui l’entoure).

Entorse ou disjonction acromio-claviculaire

La disjonction (entorse ou luxation) acromio-claviculaire correspond à une perte de contact entre les surfaces articulaires de l’acromion et de la clavicule. Ce traumatisme survient lors d’une chute directe sur le moignon de l’épaule lors de la pratique de sports à risque tel que le handball. Les ligaments acromio-claviculaires et coraco-claviculaires peuvent être distendus ou rompus selon le stade de l’entorse.

Sans ligaments pour stabiliser l’articulation, la clavicule remonte et forme une bosse appelée « touche de piano ».

Il est possible de traiter cette disjonction par une simple immobilisation dans les cas où la clavicule est peu ou pas ascensionnée (déplacée vers le haut).

Lorsque la clavicule est trop déplacée vers le haut ou vers l’arrière, il est plutôt recommandé d’opérer pour remettre la clavicule en face de l’acromion.

En effet, les ligaments peuvent ne pas cicatriser correctement lorsque la clavicule n’est pas à sa place. Ceci peut engendrer des douleurs chroniques et une gêne de l’épaule lors de certains gestes de la vie quotidienne ou sportive.

Fracture de clavicule

La fracture de clavicule est très fréquente après une chute sur l’épaule.

La fracture de clavicule est très fréquente après une chute sur l’épaule.

La fracture touche le plus souvent le milieu de la clavicule (tiers moyen) mais aussi sa partie la plus latérale (quart externe) proche de l’articulation acromio-claviculaire.

L’examen clinique réalisé par un médecin traumatologue révèle une déformation de l’épaule et une douleur à la palpation de la fracture. Des radiographies sont réalisées pour confirmer le diagnostic et préciser le type de fracture. Il faut également rechercher des lésions associées (fracture de l’omoplate, lésions de la coiffe, lésions du bourrelet de la glène de l’omoplate) et au moindre doute réaliser un arthroscanner ou une IRM.

Le traitement des fractures du tiers moyen de la clavicule est en général orthopédique avec une immobilisation de 6 semaines, temps moyen nécessaire pour la consolidation de la fracture. Une opération peut être nécessaire en cas de fracture très déplacée ou compliquée de problèmes vasculaires ou neurologiques.

Les fractures du quart externe de la clavicule doivent faire l’objet d’une opération lorsqu’elles sont déplacées. L’absence de traitement approprié conduit souvent à l’absence de consolidation osseuse (pseudarthrose) et à des séquelles à type de douleur et de gêne à la mobilisation de l’épaule. Votre chirurgien réalisera l’opération de façon mini-invasive sous arthroscopie. La technique est identique à celle du traitement chirurgical des entorses ou disjonctions acromio-claviculaires.

Luxation et instabilité de l’épaule

La luxation de l’épaule est le déboîtement de l’articulation entre la tête de l’humérus et une petite cavité de l’omoplate appelée la glène.

Lors d’un match de handball, la luxation de l’épaule peut se produire lors d’une mauvaise réception de saut ou lors d’un contact en armé contré.

Le joueur de handball peut souffrir d’une instabilité de l’épaule, c’est-à-dire de luxations (déboîtements) répétées de l’épaule. Cette instabilité peut aussi se manifester par des subluxations (micro-déboîtements répétés) qui peuvent être associées à des douleurs de l’épaule. Cette instabilité apparaît souvent après un traumatisme violent de l’épaule mais aussi par la répétition de micro-traumatismes par utilisation excessive de l’épaule en armé contré.

Le sportif se plaint d’une appréhension, c’est-à-dire la peur de se luxer l’épaule dans les gestes de la vie quotidienne mais aussi dans les activités professionnelles et sportives.

La répétition des luxations peut détruire l’articulation et être responsable de lésions associées (lésions nerveuses ou vasculaires, arthrose, rupture de tendons de la coiffe).

L’instabilité de l’épaule peut faire l’objet d’un traitement conservateur avec rééducation ou d’un traitement chirurgical. La stratégie thérapeutique est définie en fonction du caractère traumatique ou atraumatique de l’instabilité, de la présence d’une hyperlaxité des ligaments, de l’âge, du nombre d’épisodes de luxation, de l’activité professionnelle et sportive du patient et de la présence de lésions associées.

Douleurs chroniques par excès de sollicitation de l’épaule (overuse syndrome)

Au cours du geste de lancer, l’épaule est soumise à des contraintes importantes nécessitant un équilibre parfait entre mobilité et stabilité. L’hypersollicitation de l’épaule par répétition des mêmes gestes sportifs conduit à des adaptations des structures ligamentaires et musculaires de cette articulation en vue de l’amélioration de la performance.

Plusieurs facteurs participent à la déstructuration de l’épaule dans ce sport :

– l’augmentation de la mobilité en rotation externe par rapport à la rotation interne (le geste de lancer se faisant en rotation externe) responsable d’une instabilité micro-traumatique.

– l’apparition d’un déséquilibre entre les différents groupes de muscles autour de l’épaule (déséquilibre entre les muscles rotateurs externe/interne)

– une position et mobilité anormale de l’omoplate (dyskinésie scapulo-thoracique)

Lorsqu’elles s’avèrent excessives, ces modifications conduisent à des lésions de l’épaule spécifiques des sports de lancer (Handball mais aussi baseball et les disciplines de lancer en athlétisme).

Les principales pathologies engendrées responsables de douleurs invalidantes dans la pratique du sport sont:

Blessures du membre inférieur

Au niveau des membres inférieurs, les blessures se produisent surtout au niveau du genou et de la cheville. Il s’agit le plus fréquemment d’une blessure des ligaments allant de la simple entorse bénigne à la rupture du ligament croisé antérieur ou du ligament croisé postérieur. Les blessures musculaires sont également fréquentes.

Blessures musculaires

Dans la pratique du handball, les blessures musculaires sont fréquentes car c’est un sport de contact. La plus fréquente est la contusion musculaire au niveau de la cuisse mais il existe également des blessures au niveau de la jambe et de la cheville. Un hématome peut également se développer. L’échographie ou l’IRM permettent de confirmer le diagnostic en cas de doute.

La prise en charge immédiate comprend la mise au repos et l'application de froid.

Un programme de préparation physique adapté permet de prévenir ces lésions.

Instabilité de rotule

L’instabilité de la rotule est liée au fait que la rotule ne s’engage pas correctement dans la trochlée du fémur et qu’elle s’échappe en dehors : c’est la luxation externe de rotule. La luxation traumatique de la rotule implique une rupture de l’aileron interne rotulien ou ligament fémoro-patellaire médial (MPFL).

Rupture du ligament croisé antérieur

Dans la pratique du Handball, cette lésion survient principalement lors d’une réception de saut (en appui monopodal) et lors d’un changement de direction (avec simple ou double appui).

Sur le terrain, il faut glacer et mettre en place une immobilisation du genou par une attelle et l’utilisation de cannes.

Le sportif doit bénéficier d’un examen rapide par un spécialiste qui confirmera le diagnostic par l’examen clinique et des examens radiologiques (IRM). La prise en charge est généralement chirurgicale dans cette population sportive.

Entorse de cheville

L’entorse de cheville est fréquente au handball.

C’est la lésion des ligaments de la cheville. L’entorse du ligament latéral externe (LLE) est la plus fréquente.

Il peut s’agir d’une entorse bénigne (simple étirement ligamentaire) ou d’une entorse grave (rupture des ligaments). il existe d’autres formes d’entorses plus rares mais qu’il ne faut pas méconnaître car elles nécessitent un traitement particulier.

Une entorse de la cheville peut être la conséquence d’un échauffement, d’un terrain de sport ou de chaussures inadaptés.

Sur le terrain, il faut arrêter immédiatement l’activité et appliquer le protocole G.R.E.C. (Glaçage Repos Elévation Contention). Une contention temporaire est mise en place afin de limiter la douleur et l’oedème (gonflement) de la cheville.

Une consultation médicale est indispensable. Il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de fracture de la cheville associée en réalisant au moindre doute une radiographie.

Un traitement fonctionnel est proposé dans la majorité des cas. Il associe une immobilisation par une attelle semi-rigide ou une contention adhésive. La cheville doit être rééduquée précocement et la reprise de l’appui s’effectue en fonction de la douleur.

La rééducation comporte un renforcement des muscles fibulaires associé à des programmes de travail proprioceptif.

Une entorse de cheville mal soignée peut conduire à des séquelles en particulier l’installation d’une instabilité chronique de la cheville, la persistance de douleurs et de blocages chroniques entrant dans le cadre d’un conflit de cheville.

Tendinite (ou tendinopathie d’Achille)

Les tendinites d’Achille ne sont pas rares chez le handballeur. Elles sont également en rapport avec les sauts répétés et les séances de renforcements musculaires intensifs.

Le traitement est avant tout médical avec physiothérapie et programmes de renforcement excentrique.

Il est également possible de réaliser des injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes). L’injection est préparée à partir d’un prélèvement de votre sang, qui est ensuite centrifugé afin de ne garder que des éléments qui favorisent la cicatrisation de votre tendon.

En dernier recours, une opération pourra être proposée.

La prévention de ces tendinites consiste à réaliser des exercices d’étirements de toute la chaîne musculo-tendineuse.

Rupture traumatique du tendon d’Achille

Les tendinites d’Achille prédisposent à des rupture complètes traumatiques du tendon d’Achille. Un traitement chirurgical est alors indispensable afin de suturer le tendon d’Achille. La reprise se fait en général vers le 6ème mois.

Handball : blessures au niveau de l’épaule et de la main.

Page mise à jour le 05/10/2020

Auteur : Dr Philippe Loriaut, Chirurgien Orthopédiste – chirurgie arthroscopique – pathologies du sport – spécialiste de l’arthrose – chirurgie mini-invasive et percutanée.